Thursday, September 3, 2009

Fateh al-islam veut renaître de ses cendres


Des ruines du camp palestinien tripolitain de Nahr alBared, détruit en 2007 par l’armée à la suite de violents combats avec la mouvance islamiste de Fateh alislam, émerge un nouveau groupuscule terroriste regroupant des nationaux arabes, des Palestiniens et des Libanais.
Le 22 juillet, le procureur militaire inculpait 17 personnes pour avoir formé un groupe armé accusé de fomenter des attaques terroristes contre des responsables politiques, des civils et l’Armée libanaise. La page de Nahr alBared ne semble pas tournée, puisque certains membres de cette cellule islamiste appartenaient au groupe de Fateh alislam, vaincu par la troupe en septembre 2007. «Cette mouvance aurait planifié des opérations visant l’armée, la Finul ainsi que des figures politiques comme Nader Hariri (conseiller du Premier ministre désigné, Saad Hariri) et le député Sami Gemayel du parti Kataëb», affirme une source appartenant aux services de renseignements libanais. D’anciens jihadistes «La franchise alQaïda», c’est ainsi que ces nouveaux groupes sont définis. Ils adhèrent à l’idéologie d’Oussama Ben Laden, dont le mouvement n’a toutefois jamais directement revendiqué d’attentats terroristes au Liban. Ces groupuscules sont souvent dirigés et financés par des cheikhs provenant des pays arabes, mais c’est un Syrien, Munjid elFahham, qui cette fois est arrêté à l’aéroport de Beyrouth. «Les hommes de main étrangers sont recrutés parmi les anciens combattants arabes ayant fait leurs armes en Irak, en Tchétchénie ou en Afghanistan. Ils pénètrent dans le pays par les frontières libano syriennes poreuses, comme celle de la région de Qoussaya, dans la Békaa», commente la source. Qoussaya abrite une base militaire du Front populaire pour la libération de la Palestine Commandementgénéral (FPLPCG), une organisation prosyrienne dirigée par Ahmad Jibril. «Les étrangers appartenant à la cellule étaient sous surveillance dans leur pays d’origine, et nous avons été informés de leur arrivée à Beyrouth par les services de renseignements arabes, européens ou amé ricains, selon les cas». D’autres membres sont enrôlés localement parmi les Libanais ou les factions palestiniennes qui émanent, dans ce cas précis, de groupuscules palestiniens préconisant une interpré tation radicale de l’islam, comme Jund alCham, Fateh alislam ou Osbat alansar. Près de quatre membres de la cellule démantelée par l’armée seraient des réfugiés palestiniens, arrê tés dans les camps de Chatila, à Beyrouth, et de Aïn alHelwé, dans le Sud. AbdelGhani Ali Jawhar, AbdelRahman Awad et Oussama Amine Chéhabi seraient toujours en fuite. «Awad serait le nouvel émir de Fateh alislam, alors que Jawhar s’est fait un nom après les attentats commis contre l’armée à Tripoli en 2008», précise la source. Un autre Palestinien, un dénommé Hamad, est pointé du doigt par l’armée pour avoir participé à la planification des attentats. Il aurait rencontré Jawhar en juin pour discuter de leur mission, dans le quartier de Bramiyé, à Saïda. Le nom de Hamad est récurrent dans les annales des services de renseignements, puisqu’un Palestinien portant le même nom est, selon la presse, accusé en janvier d’avoir formé le Jihad pour la victoire de Gaza, une faction soupçonnée d’avoir voulu attaquer l’ambassade d’Egypte à Beyrouth, accusations dont Hamad s’était défendu lors d’une précédente entrevue avec Magazine. «La cellule terroriste démantelée aurait utilisé une femme de la famille Moghrabi pour passer des mes sages et de l’argent aux membres du groupe», explique la source. Ce n’est pas la première fois que des terroristes se servent de «passeurs» à l’allure inoffensive: en 2008, lors de l’attentat contre l’Armée libanaise à Tripoli, ils avaient eu recours à des enfants d’une dizaine d’années pour transporter les explo sifs. MONA ALAMI
DES GROUPES MANIPULÉS Une source militaire bien informée affirme que la dernière cellule islamiste «a pu être appréhendée car, pour le moment, la situation ne se prête pas à l’instabilité sécuritaire». Mais dans la plupart des cas, ces groupes sont manipulés par certains mouvements politiques».(Publié dans Magazine-Août09)

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